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Pourquoi les standards de l’économie circulaire vont bientôt s’imposer à tous

Pourquoi les standards de l’économie circulaire vont bientôt s’imposer à tous

Pourquoi les standards de l’économie circulaire vont bientôt s’imposer à tous

Longtemps perçue comme une belle idée plus que comme une réalité économique, l’économie circulaire est en train de changer d’échelle. Entre nouvelles réglementations, pression des consommateurs et impératifs climatiques, les entreprises n’ont plus le choix : elles doivent prouver, données à l’appui, ce qu’elles font vraiment en matière de réemploi, de recyclage et de réduction des déchets. Or, sans langage commun ni standards partagés, impossible d’orchestrer cette transformation à grande échelle.

C’est précisément à cet endroit que les standards de l’économie circulaire s’imposent comme la prochaine grande « infrastructure invisible » des échanges. Derrière les coulisses, des organisations comme GS1 structurent déjà ce futur circulaire, en créant les briques techniques et informationnelles qui permettront aux produits de vivre plusieurs vies… tout en restant parfaitement identifiables à chaque étape.

Pourquoi l’économie circulaire a besoin de standards pour changer d’échelle

Le principe de l’économie circulaire est simple à énoncer : sortir du modèle linéaire « extraire – produire – consommer – jeter » pour aller vers un système où les produits, matériaux et ressources sont réemployés, réparés, reconditionnés ou recyclés le plus longtemps possible.

Sur le terrain, la réalité est autrement plus complexe. Pour organiser la circularité d’un produit, il faut :

Sans standards communs, chacun documente les produits à sa façon, dans son propre système d’information. Résultat : les données sont difficiles à partager, à interpréter ou à croiser. L’économie circulaire reste cantonnée à des projets pilotes, des initiatives isolées, sans véritable changement systémique.

Les standards jouent alors un rôle de « langue commune » entre tous les acteurs de la chaîne de valeur. Ils permettent :

Autrement dit : sans standardisation, pas de circularité à grande échelle. Et c’est exactement ce que des organisations de normalisation comme GS1 construisent aujourd’hui.

GS1, l’architecte discret des échanges… et désormais de la circularité

GS1 est surtout connue pour un standard qui a révolutionné le commerce mondial : le code-barres. Derrière chaque petit rectangle noir et blanc scanné en caisse se cache un identifiant unique de produit, le GTIN (Global Trade Item Number). Ce code, utilisé sur des milliards de produits, est devenu au fil des décennies le langage universel de l’identification dans la grande distribution.

Mais l’action de GS1 ne s’arrête pas au code-barres. L’organisation internationale, et sa déclinaison française GS1 France, développent depuis des années tout un écosystème de standards et de services qui structurent les échanges entre entreprises :

En France, GS1 accompagne plus de 40 000 entreprises – des grands groupes aux PME – dans la modernisation de leur supply chain et de leurs échanges de données. Cette position centrale dans les flux d’information en fait aujourd’hui un acteur clé pour organiser la transition vers une économie plus circulaire, traçable et transparente.

De la logistique linéaire à la circularité : un changement de paradigme

Jusqu’ici, la supply chain traditionnelle suivait un schéma essentiellement linéaire : production, entrepôt, distribution, consommation, fin de vie. Les standards GS1 y jouaient déjà un rôle déterminant pour optimiser les stocks, limiter les ruptures, fiabiliser la facturation et réduire les coûts logistiques.

Avec l’économie circulaire, le mouvement s’inverse et se complexifie. Les entreprises doivent désormais gérer :

Chaque produit ne vit plus une seule « vie » commerciale, mais plusieurs cycles successifs. Il devient impératif de savoir à tout moment :

Ce pilotage fin n’est possible que si l’information circule avec le produit tout au long de ces cycles. Là encore, les standards font office de colonne vertébrale : ils relient entre eux des systèmes informatiques très différents, tout en garantissant que l’identification d’un produit reste cohérente, qu’il soit neuf, d’occasion, reconditionné ou en passe d’être recyclé.

Réglementations, transparence, empreinte environnementale : pourquoi le mouvement devient inévitable

Si les standards de l’économie circulaire vont s’imposer à tous, ce n’est pas seulement par souci d’efficacité logistique. C’est aussi, et de plus en plus, sous l’effet combiné de la réglementation et des attentes sociales.

En Europe, plusieurs textes structurants poussent les entreprises vers plus de transparence sur la composition, la réparabilité et le recyclage de leurs produits :

Parallèlement, les consommateurs réclament plus de transparence : ils veulent savoir d’où viennent les produits, dans quelles conditions ils ont été fabriqués, comment les réparer ou les recycler. Les promesses vagues ne suffisent plus : il faut des données vérifiables, traçables, interopérables.

C’est dans ce contexte que se développent des initiatives autour de la traçabilité des produits circulaires. Pour qu’un vêtement reconditionné, un smartphone réparé ou un emballage réutilisable inspire confiance, il doit être possible de retracer son parcours, de certifier les opérations effectuées et de partager ces preuves avec les distributeurs, plateformes en ligne et utilisateurs finaux.

Les standards deviennent alors une forme de « langage réglementaire » : ils permettent aux entreprises de satisfaire ces nouvelles obligations sans réinventer à chaque fois la manière de décrire, d’identifier et de transmettre l’information.

Du code-barres au passeport numérique produit : un nouveau champ d’application pour GS1

Si le code-barres a permis la révolution du commerce de masse, l’enjeu qui se dessine aujourd’hui est celui du « passeport numérique produit ». L’idée : pour chaque objet mis sur le marché, disposer d’un identifiant unique et d’un ensemble d’informations fiables, standardisées, accessibles tout au long de sa vie utile et au-delà.

Les standards GS1 fournissent une partie essentielle de cette infrastructure :

En pratique, cela signifie que le même langage peut servir :

GS1 ne se limite pas à publier des standards techniques : l’organisation travaille en étroite collaboration avec les entreprises et les filières pour construire des cadres communs, tester des solutions sur le terrain, affiner les modèles de données. En France, GS1 France joue un rôle de facilitateur entre secteurs (distribution, industrie, santé, logistique, etc.) afin d’éviter l’émergence de standards « en silo » qui fragiliseraient la cohérence d’ensemble.

Pourquoi ces standards vont s’imposer à toutes les entreprises, y compris les plus petites

Certains acteurs peuvent encore considérer la normalisation comme une contrainte réservée aux grands groupes. Pourtant, plusieurs dynamiques convergent pour rendre l’adoption des standards quasi inéluctable, y compris pour les PME et TPE.

Première raison : la pression des donneurs d’ordre. Les grandes enseignes, plateformes e-commerce ou industriels structurent leurs échanges sur la base de standards pour réduire les coûts d’intégration, fiabiliser les données et répondre à leurs obligations réglementaires. Les fournisseurs qui souhaitent travailler avec eux doivent progressivement s’aligner sur ces exigences – et bénéficier au passage des gains d’efficacité associés.

Deuxième raison : la multiplication des canaux de vente et des partenaires. Entre le magasin physique, le site e-commerce, les marketplaces, la seconde main, la location ou encore les corners dans des enseignes partenaires, un même produit circule dans des environnements très divers. Sans langage commun, la gestion des référentiels produits devient ingérable. Les standards offrent un moyen de garder la maîtrise de son catalogue, de sa marque et de sa traçabilité, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Troisième raison : la rationalisation des outils numériques. À l’heure où de nombreuses PME se digitalisent à marche forcée, adopter des standards reconnus mondialement permet d’éviter l’enfermement dans des solutions propriétaires et de préserver la possibilité de changer de logiciel, de prestataire ou de partenaire logistique sans perdre l’historique produit.

Enfin, l’enjeu de confiance est central. Dans un contexte où le greenwashing est de plus en plus critiqué, pouvoir s’appuyer sur des données standardisées, auditées, reliées à des identifiants produits reconnus, devient un avantage compétitif. Les entreprises capables de documenter précisément la circularité de leurs produits – grâce à une traçabilité fiable et standardisée – gagneront en crédibilité auprès des consommateurs, des investisseurs et des régulateurs.

De la standardisation à l’accompagnement : un levier de transformation pour les entreprises

La normalisation ne se résume pas à des spécifications techniques. Pour qu’un standard vive, il doit être compris, adopté et mis en œuvre de façon cohérente par les entreprises qui l’utilisent. C’est là que les services d’accompagnement prennent toute leur importance.

GS1 France ne se contente pas de délivrer des codes-barres ou des identifiants : l’organisation propose des formations, du conseil et un accompagnement opérationnel pour aider les entreprises à :

Dans cette transition, la standardisation devient un levier de simplification plutôt qu’une contrainte supplémentaire. En mutualisant les efforts au niveau sectoriel et intersectoriel, les entreprises évitent de réinventer chacune leur propre modèle de données ou leur propre système de traçabilité – qui resterait de toute façon difficilement interopérable avec celui des autres.

Vers une économie plus circulaire, plus transparente… et mieux outillée

L’économie circulaire ne se résumera pas à des bonnes intentions ni à des opérations ponctuelles de recyclage ou de seconde main. Pour qu’elle devienne une nouvelle norme de fonctionnement des marchés, elle doit s’appuyer sur une infrastructure solide de données et de standards. C’est cette infrastructure, largement invisible pour le grand public mais essentielle pour les entreprises, que des organisations comme GS1 construisent aujourd’hui.

Dans les années à venir, il est probable que l’identification standardisée des produits, la traçabilité tout au long de leur cycle de vie et la transparence sur leur impact environnemental deviennent des prérequis pour accéder à certains marchés, pour répondre aux appels d’offres, pour être référencé sur des plateformes majeures ou simplement pour conserver la confiance des consommateurs.

Les standards de l’économie circulaire ne s’imposeront donc pas par décret, mais par nécessité : celle de coordonner un nombre croissant d’acteurs autour de la même information, du même produit, tout au long de ses différentes vies. Ceux qui auront anticipé cette évolution disposeront d’un avantage stratégique certain, tant en termes d’efficacité opérationnelle que de crédibilité environnementale.

La question n’est plus de savoir si ces standards vont s’imposer, mais comment chaque entreprise choisira de les intégrer à sa propre trajectoire de transformation, pour passer d’une économie linéaire à une économie réellement circulaire, lisible et maîtrisée.

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